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Actualités Culture

Retour physique des 26 objets d’art

Alain Godonou dévoile les dispositions pratiques prises

Entre le 10  et le 15 novembre 2021, les 26 objets d’art pillés par l’armée française en 1892 seront sur leur terre natale.  En prélude à cet évènement   historique, une  méga exposition  synonyme d’adieu sera organisée  entre le 26 et le 31 octobre 2021 au musée de Quai Branly à Paris. Invité ce dimanche sur l’émission ‘’Zone   franche’’ de la chaîne de télévision  locale canal3  Bénin,  Alain Godonou, Directeur du Programme Musées de l’Agence nationale de promotion des Patrimoines et du Tourisme au Bénin (ANPT), rattachée à la Présidence de la République, a abordé les dispositions  pratiques.

« Fin octobre, les 26 œuvres du trésor d’Abomey reviendront dans leur pays. Elles seront la fierté du Bénin. Parce que restituer des œuvres à l’Afrique, c’est rendre accessible à la jeunesse africaine sa culture, ces restitutions seront aussi la fierté de la France », a  annoncé Emmanuel Macron le  vendredi 8 octobre 2021 en marge du sommet Afrique-France tenu à Montpellier pour clore le débat   sur  le supposé glissement dans le calendrier initial d’exécution. Une exposition des 26 objets d’art au musée du Quai Branly du 26 au 31 octobre 2021 aura lieu. Le retour physique des œuvres au Bénin interviendra en mi-novembre, le temps du décrochage et des mises en caisse. « Le  musée de Quai Branly qui les détient  a décidé  avant qu’ils ne soient restitués définitivement au Bénin, de consacrer en partenariat avec nous,   une semaine d’activités intenses pour parler de ces objets. Il y aura un  peu de tout.  Un colloque scientifique, les débats sur la politique  muséale au Bénin, des concerts, du cinéma  dédié au Bénin,  ça sera une belle semaine pour le public du musée de Quai Branly », explique Alain  Godonou. Selon l’ancien élève du programme PREMA de l’ICCROM (Prévention dans les Musées Africains), les activités se  dérouleront  sous l’égide des experts béninois, français  et autres.  Au cœur  de  cette exposition   où les programmes culturels béninois  seront discutés,  deux grands orchestres de renom de la terre de  Béhanzin viendront clôturer musicalement  les hostilités. « Comme cerise sur le gâteau, nous avons deux grands  orchestres béninois qui vont prester.   Brass Santiago et l’homme-orchestre, Sagboghan Danialou », annonce le directeur Programme Musée. Ces objets, une fois dans leur égrégore naturel, vont connaître une période d’acclimatation . « Il ne faut pas oublier que  fin octobre-décembre, on rentre un peu  dans l’hiver, une saison particulière. Donc, il faut acclimater et réacclimater parce qu’ils étaient dans un autre climat de plus d’un siècle. A la fin de cette réacclimatation,  ces objets seront exposés à la présidence de la République pour les corps constitués. Ensuite, ils  vont rejoindre  une exposition temporaire prévue au musée international  de la mémoire et de l’esclavage au fort portugais  à Ouidah ». C’est dans cet environnement réhabilité pour la circonstance que le public béninois ou  autre  ira contempler  ces objets sacrés.  Après un court séjour à  Ouidah, ces   trésors regagneront leur domicile fixe,  le Musée de l’épopée et des amazones du Dahomey.

 

La circulation des œuvres

 

Les  26 œuvres ne resteront pas  exclusivement au Bénin. Ils feront l’objet des expositions dans divers pays  du monde.  L’acte actuel du retour   atteste à suffisance  que le bien est entré dans le patrimoine culturel  du Bénin.    Par ce fait, le Bénin  a  donc  récupéré le droit de propriété. «   Jusqu’à maintenant, ces objets sont   de propriété française », souligne   Alain Godonou. Mais avec l’acte qui sera signé,  le Bénin redevient propriétaire de ces biens.  « Le chef de l’Etat va lui-même donner le ton, le lead  de la signature des actes…Sur l’ensemble des actes, il y a l’acte de radiation qui sera signé par la partie française. Dans l’acte de radiation, le Bénin prendra un acte pour intégrer ces œuvres dans les collections nationales, pour les classer.  Et après,  il y a l’acte de transfert de propriété qui est l’acte solennel qui sera signé  par les autorités françaises en présence de nos autorités de haut niveau », a précise le directeur de cabinet adjoint  du ministère de la culture, Jacques Aguia Daho,  week-end  dernier sur  l’émission  » Ma part de vérité  » de Golf Tv. «  Si demain nos amis américains, rwandais, japonais,  chinois  demandent de voir ces œuvres, de les accueillir dans de bonnes conditions pour leur pays ,  pour les montrer au public, qu’elles fassent partie  d’une exposition internationale majeure, ces œuvres sont appelées à circuler.  Mais cette fois-ci sous le regard et sous  le droit béninois »,  confie Alain Godonou.

 

La sécurisation de ces œuvres

 

La politique culturelle actuelle du Bénin est très dense. Des investissements massifs  sont faits pour la promotion du patrimoine culturel et le tourisme dans la grande perspective d’en   faire un   pilier de l’économie nationale.  A cet effet, quatre musées sont prévus : le Musée de l’épopée des amazones et des rois du Dahomey, le musée  international de l’épopée et de l’esclavage à Ouidah,  le Musée Vodoun Orisha de  Porto-Novo et le musée d’art contemporain de Cotonou. A côté  de  ces infrastructures de haut standing, le gouvernement de Patrice Talon a engagé la réhabilitation du tissu muséal béninois.  «  C’est pour positionner le Bénin dans l’arène des pays qui ont  des équipements et des institutions   dédiés au patrimoine culturel de standard international. Pour que non seulement nous récupérions ces 26 œuvres,  mais que nous soyons capables aussi de recevoir n’importe quelles œuvres de n’importe quel pays pour attirer le maximum de visiteurs.  Pour que le Bénin puisse devenir une capitale culturelle et artistique internationale.  Outre le volet équipement, des ressources humaines sont travaillées pour la sécurisation du patrimoine culturel. « Il y a  l’Ecole du patrimoine africain (Epa) qui  forme des jeunes professionnels africains.  Le gouvernement a décidé d’appuyer fortement  pour que les formés, spécialistes béninois soient  renforcés. Il y a depuis trois ans,  une rentrée avec des boursiers  de l’Etat Béninois. Donc, l’Etat consacre des moyens à la formation des jeunes béninois qui vont travailler dans ces institutions », informe l’invité de Wahab Ali-Kpara et Herman Aniambossou.  En plus de ces nobles initiatives, le Bénin s’est doté d’un instrument juridique de la protection du  patrimoine culturel  le jeudi  14 octobre 2021.  Ce texte de loi vient  abroger le précédent qui n’offrait  pas assez de sûretés pour l’ambition culturelle  du Bénin. C’est un dispositif normatif très rigide pour  la répression des atteintes    aux biens culturels.  Car, la légèreté ou la faiblesse   de l’ancienne législation était un  argument majeur  des  français   pour faire échec au projet du retour des biens culturels.  Le législateur béninois a renforcé  la répression de l’infraction du vol des biens culturels dans les musées.  Une règlementation qui vient faire barrière aux vols  faciles souvent  constatés. «  Mais il n’y a pas que ça. Au Bénin, il y a  eu de très belles  initiatives  par des particuliers pour créer des musées.  Vous connaissez la fondation Zinsou, le petit musée de  ‘’La Récade’’, il y a le professeur Tidjani Serpos qui a aussi un  musée important avec une collection importante. Il y a un certain nombre d’initiatives de musée privé qui existe dans le pays. Mais jusqu’à maintenant, ces initiatives ne s’appuyaient pas sur un  encadrement  juridique. Il y avait un vide juridique. Il y a d’autres qui souhaitent avoir l’autorisation d’ouvrir un musée. Mais quand ils se tournent vers les autorités du ministère de la culture, il n’y avait pas de textes en quelque sorte  sur lesquels on pouvait s’appuyer.   Maintenant la nouvelle loi  corrige cet état de fait et crée un encadrement juridique pour les musées privées », se réjouit Alain Godonou. A cela s’ajoute, l’auto assurance des œuvres et le mécénat d’entreprise. En effet, un nouveau dispositif dont le Bénin est pratiquement le seul pays en Afrique est désormais  prévu. «  L’Etat assure désormais les œuvres du patrimoine dont il a  la responsabilité et demande aux musées privés d’assurer les œuvres dont ils sont propriétaires », déclare-t-il. En s’inscrivant dans cette dynamique, le Bénin affiche sa crédibilité  pour recevoir même des œuvres des pays étrangers pour de belles expositions.  Egalement,  avant,  il n’y avait pas de dispositions légales  pour permettre aux mécènes  qui voudraient  investir  ou accompagner  l’Etat ou une initiative quelconque d’agir. Désormais, le ton est donné.  Les jours à venir réservent d’agréables surprises aux Béninois sur les promesses culturelles  du Pag 1 où le tourisme et le patrimoine culturel étaient un  pilier.

 

Bienvenue Agbassagan

 

 

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